Retour sur le destin hors du commun de Moishe Zakharovich Shagalov, pauvre gamin d’un shtetl russe, à qui André Malraux propose la rénovation du plafond du palais Garnier en 1964. Le peintre accepte, refusant d’être rémunéré pour ce qu’il considère comme la consécration ultime par son pays d’adoption. Les douze pan

Charles Vergely a tout juste dix-sept ans lorsqu’il s’engage  dans la Résistance en juillet 1940. Il est arrêté le 10 mars 1941 par la  police militaire allemande. Torturé, emprisonné, jugé de façon expéditive  et condamné à mort avec six autres de ses camarades, Charles Vergely est  d’abord incarcéré à la prison du Cherche-Midi où il a, entre autres voisins  de cellule, Honoré d’Estienne d’Orves. Il est ensuite transféré à la prison  de Fresnes, la « Filiale de l’Enfer », puis déporté au camp de Rheinbach  en juin 1942, où une partie des prisonniers finissent décapités à la hache.  Au lendemain d’un bombardement qui ravage le camp, il rejoint celui de  Ludwigsburg au terme d’une « marche de la mort » de quarante-cinq  jours. Il y voit quotidiennement des hommes se faire exécuter, d’autres  mourir de fatigue ou de faim. Lui-même ne pèse alors plus que trente-huit  kilos. En février 1945, à la suite d’un autre bombardement, il est entassé  avec une centaine d’hommes dans un wagon à bestiaux pour un ultime  voyage vers la forteresse de Landsberg, une annexe du camp de Dachau,  jusqu’à sa libération par les troupes alliées à la fin du mois de mai. 

Pierre Vergely est le fils de Charles. À propos de ce roman, il écrit :  « Lorsque j’ai démarré la rédaction de l’histoire de mon père, je ne savais  pas où je mettais les pieds. J’avais une idée du poids de l’Histoire, mais  je n’avais encore jamais eu l’occasion de mesurer sa puissance, et j’ai  découvert que derrière ce mot se cachent à la fois l’ensemble de toutes les  vies du passé, mais aussi notre présent et les raisons de notre présence. Je  pourrais clamer qu’avec ce livre j’ai tenté, en plus de rendre hommage à  mon père, de célébrer la lutte pour la liberté, la défense de la justice, la  dignité ou le sens du devoir, mais ce serait faux. Ce livre parle avant tout  du courage. Du combat face à la peur. De cet acte qui, pour être  authentique, consiste à joindre à l’élan tota

© Philippe-Matsas_Leextra

Présence

Dédicaces le samedi de 14h à 19h

Le monde qui reste, Editions Héloïse d’Ormesson 2021