Pourquoi écrire sur Le radeau de la Méduse ? Parce que c’est l’œuvre qui a provoqué au début du XIXe siècle l’un des plus grands scandales de l’histoire de la peinture.

Les scandales d’un naufrage selon Géricault, Roman

J’avais vingt ans. Je découvrais alors ce tableau de Géricault avant de connaître le drame du naufrage au large du Sénégal en 1815. Je ne savais pas que l’affaire avait fait scandale parce que le capitaine royaliste et inexpérimenté de cette frégate avait envoyé sciemment à la mort les 150 malheureux embarqués sur un radeau d’infortune. Un procès l’avait condamné. Les 35 m2 de peinture sombre dominant l’une des salles les plus imposantes du Louvre, m’avaient stupéfié par leur réalisme et la cruauté du sort de ces malheureux. J’hésitais entre mon admiration pour cette œuvre gigantesque, et ma répulsion pour cette restitution si réaliste. Je ne distinguais pas la part de découragement de la lueur d’espoir que la
scène contenait.

Essayiste et romancier, Philippe Langénieux a notamment publié aux éditions Héloïse d’Ormesson Les Frères Rattaire, La Pomme d’Alan Turing et La Course à l’oubli.

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Présence

Dédicaces le dimanche de 14h à 19h

Les scandales d’un naufrage selon Géricault, Philippe Langénieux
Ateliers Henry Dougier, 2021