François Durif imagine une narration itinérante à la manière d’une performance promenée au cimetière du Père-Lachaise. Entre souvenirs marquants et lectures liées à son ancien métier de « croque-mort », il s’improvise chroniqueur de ses « passages à vide », revenant sur son enfance auvergnate, sa découverte des lieux de drague gay parisiens et sa confrontation aux portes étroites du monde de l’art.

Vide Sanitaire

« Vous voulez travailler avant ou après la mort ? m’a demandé sans sourciller la dame du bilan de compétences, et moi, comme un con, j’ai répondu : Après. C’est comme ça que je me suis retrouvé à œuvrer pendant trois ans dans les pompes funèbres. Bizarrement, ce métier m’a remis dans le mouvement de la vie. Lent dégel. Comme si j’étais venu me réchauffer auprès des familles endeuillées. »

Né le 22 juin 1968 à Clermont-Ferrand, François Durif vit et travaille et meurt et renaît à Paris. Depuis son diplôme à l’École des beaux-arts de Paris (1997), chacune de ses installations éphémères a donné lieu à la production de textes et à des actions in situ. De ses expériences professionnelles en dehors du monde de l’art, il fait son matériau de prédilection, en déplaçant la figure de l’artiste sur des terrains où on ne l’attend pas forcément. Il écrit régulièrement sur le travail de ses contemporains et publie ses textes dans des revues d’art (Livraison 6RhinocerosCollection Beautés, Galerie Jean Fournier; journal de Flamme éternelle, Palais de Tokyo; #démoulétropchaud, Friville-Éditions). Depuis quelques années, il privilégie le récit oral et l’improvisation lors de promenades-performances dans les contre-espaces urbains, dont le cimetière du Père-Lachaise. Vide sanitaire est son premier récit.

© Francesca Mantovani

Présence

Dédicaces le samedi et dimanche de 14h à 19h

Vide sanitaire, François Durif
Gallimard / Editions Verticales, 2021